Comme la fois où j’ai eu la foi.

J’envie les personnes âgées d’être croyantes. J’envie les personnes âgées, car elles ont la foi. Et il me semble que ce serait bien pratique d’avoir une foi qui traîne pas trop loin parfois. Une foi que je pourrais sortir du garde-robe de cèdre pendant les périodes plus difficiles afin de m’y raccrocher. Car pour l’instant, je dois me rabattre sur des livres de psycho pop avec des couchers de soleil en couverture ou des titres qui commencent par “The” et finissent par “Secret”. Des livres que j’assume même pas assez pour les lire dans le métro.

J’ai arrêté de croire en 6e année. Nous étions quatre amies inséparables et il y avait deux classes de 6e cette année-là. J’ai prié le petit Jésus d’être dans la même classe que mes trois amies. Il les a toutes mises dans une classe et m’a isolée dans l’autre. C’est à partir de ce moment que j’ai arrêté de prier. À une exception près. Lorsque j’ai mal au coeur. Alors couchée sur la céramique froide de ma salle de bain, je prie. Je prie le Seigneur pour qu’il m’enlève mon mal de cœur. Je prie le Seigneur pour que la céramique soit encore plus froide. Je prie le Seigneur pour ne pas m’endormir dans un manège de La Ronde. Et mes promesses sont nombreuses si jamais il se décide à exaucer mes prières: je lui promets que je ne vais plus manger de thon rouge, je lui promets que je vais commencer à donner du sang, je lui promets que je vais envoyer une carte de remerciements à l’infirmière qui m’aidera à reprendre conscience après avoir donné du sang, je lui promets que je vais faire du compost, que je vais faire pousser mes propres fines herbes, que je vais mettre mes propres fines herbes dans mon propre compost (sauf le basilic) après avoir réalisé que je n’utilise pas vraiment mes propres fines herbes finalement (sauf le basilic), que je vais moi aussi souhaiter “Bonne fête (insérer ici le prénom de la personne)!!!” à tous mes amis sur Facebook, etc, etc, etc.

J’ai dernièrement fait une nouvelle acquisition pour tenter de reconnecter avec ma foi. C’est une oeuvre de mon ami Jasmin Daigle, photographe de grand talent. Ses photos ont toujours un je-ne-sais-quoi de très ironique ou cynique, qui me parle beaucoup. Je vous laisse vous faire votre propre interprétation de celle-ci mais avec tout ce qui se passe présentement dans le monde et particulièrement au Japon, ça résume bien ma désillusion du moment.

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